Les dualités

En ce bas monde, appelé monde relatif, les dualités sont la référence, nous les rencontrons dans tous les domaines et en tout genre, tout est clivage.
Il existe trois types de dualités, ceux de position, que l'on appellera les : opposés.

  • haut et bas,
  • gauche, droite,
  • avant, après,
  • loin et près,
  • devant, derrière,
  • grand et petit,
  • fini, infini,
  • etc.

Ceux de mouvement : que l'on désignera par le contraire.

  • aller, revenir,
  • monter, descendre,
  • marche, arrêt,
  • etc.

Et enfin ceux du sens de nos actes en tant que valeur, donc moral : qui relève de la dichotomie.

  • bien et mal,
  • gentil, méchant,
  • généreux, avare,
  • bon, mauvais
  • dur, doux,
  • etc.

Opposé, contraire et dichotomie sont les trois catégories que contiennent les dualités ou duo.
Si, les opposés et les contraires sont relativement facile à comprendre, la dichotomie est beaucoup plus complexe a expliquer, d'autant qu'elle s'inscrit dans les relations et l'interaction entre humain, puisqu'elle régule le langage et l'action.
Définition de dichotomie sur wiki et autre dico pour les résumer : c'est une ramification qui se divise, un peu comme un arbre qui donnerait de nouvelles branches différentes et qui ne ressembleraient en rien au tronc...
Pas simple à saisir comme explication de cette dichotomie.
Qu'en est il ?
Les exemples sont souvent plus explicites que bien des discours, en voici un :
on dit que toute médaille, à son revers. Par revers, il ne s'agit ni d'opposition puisqu'il est de la même médaille, ni contraire pour la même raison. Un opposé implique une notion d'espace qui sépare les deux positions, et le contraire relève du mouvement, dans le cas de la médaille, l'espace est très mince et elle est immobile.
Un exemple plus parlant :
Prenez du sucre en morceaux, vous le faites fondre jusqu'à l'obtention d'un caramel, vous avez là un sucre bien plus concentré, plus sucré que dans son état d'origine. Vous continuez à le chauffer, le caramel devient très foncé, il vire au brulé et là vous avez un liquide amer et plus vous continuez de le faire cuire plus il devient amer...
Donc, vous avez un élément, qui se transmute, passant du sucré au très sucré et à l'amer, nous voilà en présence de la dichotomie, si quelqu'un vous dit que le sucre c'est amer, cela vous semblera inccorect, puisque par nature il s'oppose, de même que si l'on affirme que l'amer c'est du sucre, cela nous semblerait étrange, et pourtant il suffit de faire l'experience.
Notre vocabulaire est jonché de ces expressions courantes et favorites.

Qu'en est il vraiment ?

S'il est indéniable que la vie, est dans de nombreux cas fondée sur la symétrie, à commencer par le corps humain.
Il ne semble pas en général, qu'il y est ni contradiction, ni opposition entre celle-ci, le pied ou la main gauche, contre la main ou le pied-droit, mieux, ils fonctionnent en synergie, ils sont pour le dire autrement, synchronisés.
Donc, certaines dualités, n'en sont pas, elles ne sont que mécaniques ou descriptives, elles sont exemptes de valeurs.
Mais l'homme est un être moral et à ce titre, son vocabulaire est emprunt de valeur en permanence, ce qui trouble l'analyse. Pendant des siècles par exemple, manger de la main gauche était un mal, pour ne citer que cet exemple...

Alors pourquoi ?

L'ego, sa fonction est de toujours trouver la source nourricière, c'est son unique souci.
Le mental est dominé par la présence de l'ego, donc son langage courant est sans cesse emprunté à l'intérêt. Il contient beaucoup d'amalgame, il confond le bien, le pratique et ce qui fonctionne. En raison de la recherche permanente de son intérêt, il met de la valeur morale partout.
Il ne se pose pas la question du pour quoi ? Le pour quoi, ici, comme vous pouvez le constater, n'est pas attaché, contrairement a ce pourquoi, qui lui l'est.

Leurs différences : sont, bien que nous ne l'entendons pas, très importantes.
Leurs différences par écrit sont visibles, en revanche à l'oral, il n'y a aucun moyen de les distinguer, l'un de l'autre, était ce volontaire ? Il est difficile d'y répondre, tant nous ne prêtons aucune attention à nos expressions.

Le pourquoi : est du domaine des questions sur la cause et ces effets .
L'ego, s'il a faim, la faim étant l'effet, c'est parce qu'il n'a pas mangé, donc la cause.
L'ego, ne se pose pas cette question du sens, pour quoi, je trouve toujours ce dont j'ai besoin.
Et si ça lui arrive, il a pour réponse, c'est par : hasard.
Mais le hasard, semble dans sa définition avoir une origine : accidentel, donc, non répétitive...
Et curieusement, ce dont j'ai besoin et non seulement disponible, mais il me convient parfaitement, est ce encore un hasard.
En résumé, le pourquoi, est du domaine relatif, il est utilisé lorsque l'on veut connaître les causes et les effets, dans ce qui reléve du visible, du matériel.

Le pour quoi : sous cette forme non attaché, la question qui nous est posée, est quel est le sens de la faim.
Ce pour quoi, pose donc la question suivante : pour quoi j'ai faim ? Ce à quoi l'ego répond par ce qu'il lui semble évident : c'est parce que j'ai le ventre vide !
Le sens, se demande ce que cela provoque en lui et sa réponse est : cela me pousse à chercher, et à trouver à manger, c'est le mouvement par essence, c'est ce qui me pousse à découvrir, c'est la carotte pour nous faire avancer.
Dans cette démarche, cela m'oblige à comprendre, qu'il y a un lien entre mon ventre et le monde exterieur, entre l'aliment et la terre, la terre et le ciel, etc. Cette organisation de lien, qui nous contraint à la recherche de la compréhension, c'est un mouvement perpétuel.
Par extension, c'est ce qui relit tous ces éléments que je dois trouver, pour être certain d'avoir à manger.
En résumé ce pour quoi, est d'ordre absolu, il pose les questions sur tout ce qui est invisible, immatériel...

Le mental

à vu, son émergence, dans l'interaction entre l'acte d'avoir faim et le milieu ou l'aliment s'est répandu, si bien que l'idée de retourner sur le même lieu, confirma cette intuition et de fil en aiguille le maillage des liens et des idées, c'est fortifié au long du temps. C'est la naissance de la conscience et le début de l'humanisation et celui de la cohésion par le lien trouver, entre le bas et le haut, le ventre et la tête etc, c'est la conciliation de la dualité primitive.

Oui, mais est ce bien ou mal ?

Nous re-voila de retour sur la dichotomie et le célèbre duo, bien et mal.
Et si ce n'étais ni l'un ni l'autre, voir les deux à la fois ? Ça ne clarifie en rien la réponse, mais à le mérite de chercher à comprendre encore d'avantage.
Ni l'un, ni l'autre, bien des situations, peuvent sembler bien et s'avérer par la suite contraire et inversement.
exemple :
un bénévole par temps d'abondance économique, effectue un service sans rémunération, il donne de son temps, en cela, nous dirions que c'est un acte de bienveillance, donc : bien.
Quelque temps plus tard, la crise arrive, le chômage augmente, et là bon nombre diraient, que le bénévole occupe un emploi potentiellement rémunéré et par conséquent, cela ferait un chômeur en moins... Donc, c'est mal.
Autre exemple : Au volant de votre voiture, vous vous arrêtez pour laisser passer un piéton avec le sentiment de bien faire. Mais il se trouve que derrière vous un autre automobiliste est en colère, il se considère être dans l'urgence, il est en retard pour se rendre à son travail.
En premier, le piéton vous en est reconnaissant, il vous renvoie une image du bien, alors que le second, vous maudit, vous êtes un ignare et que vous pensez mal...
le haut et le bas, le ciel et la terre, le relatif et l'absolu ou encore le croyant et l'athée :
sont des références identiques, un même symbole vu à des niveaux différents, que l'homme divise en permanence au lieu de chercher leurs liens, la conjonction ou qui est exclusive l'emporte systématiquement sur celle de et qui est inclusif.
Existe-t-il un principe créateur derrière cette existence, y a t'il quelqu'un qui s'occuperait de la vie, sommes nous dans un avion avec un pilote, une voiture avec chauffeur... ?
Réponse de l'ego : je crois(croyant) en un haut, c'est-à-dire au ciel, mieux encore à l'absolu ou principe créatif et plus communément, Dieu.
mais comme je suis un ego né dans le bas, sur cette terre et que le hasard dirige ma vie, ma tendance à l'athéisme se justifie par mon sens de la relativité, autrement dit, je suis réaliste, ce qui est prioritaire, c'est mon ventre. Je veux le bien, mais suis lucide, regarder autour de vous, tout est mal !

L'avenir

En résumé : nos consciences ont évolués, par le jeu de l'échange, mais c'est toujours le ventre qui dicte la valeur, le chômage est une menace pour le ventre.
Tant que le sens n'aura pas été élucidé, la crainte du manque sera la principale force motrice de l'ego et il aura toujours raison... Toutes ces valeurs se justifient par l'intérêt, pour lui, il n'y a que ça de bien, pour le reste...
Plus qu'un résumé : le plus délicat et très important à comprendre et que nous vivons une période d'abondance en tous genres, l'alimentation, aujourd'hui, est accessible pour presque tout le monde, le manque qui subsisterait, ne serait que d'ordre politique, ou l'ego(guerrier) est roi...
La véritable difficulté à laquelle nous sommes confronté, est notre ignorance, l'ego continu de régir notre quotidien, même s'il a le ventre plein.
Nous nous comportons comme des enfants, qui ignorent qu'il existe d'autre manière de gérer, organiser et surtout de partager.
Tout se passe comme si toutes nos découvertes, nos capacités à produire, notre évolution n'avait rien crée de nouveau.
Depuis la vie intra-utérine, ou nous disposions déjà de l'abondance, la nourriture était fournie par la mère(terre), donc sans effort et envers laquelle nous n'avons que peu de respect au sens profond du terme, puisque très symboliquement, nous rejettons notre matière fécale sur elle, en arrivant au monde extérieur, nous avons poursuivi ce modèle pour la terre.
L'ego est toujours le maître de nos vies, alors que celui-ci a obtenu tout ce qu'il désire et il serait temps qu'il lâche le pouvoir pour le céder à la conscience.
Il serait temps pour l'homme de grandir, et d'être conscient, que tout ce qu'il fait à des effets sur lui-même, cela lui revient comme un boomerang, il ne peut échapper à sa responsabilité.
Il doit saisir la question du sens, dans tout ce qu'il fait, s'il veut comprendre ce dont il lui arrive et accomplir sa vie ou son destin...

De Lao Tseu

Ce texte qui symbolise le changement ou prise de conscience :
C'est au moment où tu vois un moustique se poser sur tes testicules que tu te rends compte qu'il y a moyen de régler certains problèmes autrement que par la violence.